fontsizeup fontsizedown envoyer l'article par mail title= Enregistrer au format PDF Ajouter aux favoris

Casta ou Aure et St Girons

Origine et Historique

Région Midi-Pyrénées

L’origine de la Casta, tout comme d’ailleurs celle de l’ensemble des races bovines pyrénéennes, est très controversée. Elle aurait pris naissance dans le Val d’Aran en Espagne, aux sources mêmes de la Garonne et serait le résultat de la rencontre des deux types de bovins espagnols et français (Ibérique et Celtique). Quelle que soit son origine, cette race des Pyrénées, très ancienne, est l’une des premières races citées dans l’histoire des races bovines du Midi de la France. C’est seulement vers 1860, sous l’impulsion d’Oscar de Bardies, maire d’Oust, que l’on a cherché à mieux définir la race. Mais il a fallu attendre 1900 pour qu’elle soit officiellement désignée sous le nom de « race bovine d’Aure et de Saint-Girons », et 1901 pour que son Herd-Book soit créé. Au début du siècle, elle peuplait les Pyrénées de haute altitude, de la région Tarbaise jusqu’à Foix. En France, on lui reconnaît traditionnellement deux berceaux :

  • la vallée d’Aure dans les Hautes-Pyrénées (type « Aurois »)
  • le bassin de St-Girons et du Couserans dans l’Ariège (type « St-Gironnais »).

Evolution et Situation actuelle

La population de vaches Casta est passée de 30 000 têtes environ en 1930 à moins de 9 000 en 1958. Au cours de l’après-guerre, les effectifs ont fortement régressé suite au processus général de spécialisation de l’élevage, des pressions d’ordre économique, commercial, technique et administratif. La race bovine Casta était considérée comme à très faible effectif au début des années 80.

Les éleveurs intéressés par cette race assurent la conservation des femelles vivantes. En 1983, on comptait 76 femelles réparties dans 12 troupeaux et en 2008, 255 femelles dans 39 troupeaux.

Vache Casta : évolution des effectifs

Description

Taille vache 1m35 au garrot.
Poidstaureau : 800 à 900 Kg et vache de 500 à 600 Kg.
Robede couleur châtain plus ou moins foncé sans tache avec des bandes plus claires sur le dos.
Poilsdenses (poils d’ours).
Muqueusestour des yeux, mufles, vulve et anus de couleur rose.
Têteprofil droit ou légèrement convexe et à front carré ; chignon saillant.
Corneblanches ou blondes, aux extrémités brunes et disposées en lyre basse.
Poitrinehaute et assez ample, bien proportionnée.
Arrière trainhanches écartées et culotte peu développée mais bien descendue.
Membressolides, fins, moyennement développés par rapport au volume du tronc.
Peaugénéralement épaisse et grossière surtout pour les animaux vivant en montagne

Aptitudes

Région Midi-Pyrénées

Très appréciée pour sa très grande rusticité (sobre, d’un tempérament robuste, d’une allure vive et énergique, résistante aux intempéries), la Casta était traite et réputée pour avoir un lait à taux butyreux élevé qui a donné lieu à la fabrication du fromage de Bethmale. Les boeufs aurois, vifs et alertes étaient employés aux charrois ou pour le débardage du bois en montagne et ce jusque dans le Morvan. Bien adaptée aux systèmes allaitants modernes, la race est aujourd’hui exploitée pour la production de veaux de lait de 4 ou 5 mois qui profitent bien sous la mère. La viande débitée pour les « congélateurs » dans une « Ã©conomie de proximité » est très prisée pour ses qualités gustatives. Depuis 1986, la race est utilisée dans plusieurs réserves naturelles de France comme outil de gestion des milieux naturels humides.

Actions de sauvegarde

Région Midi-Pyrénées

La situation de cette race apparaît comme très difficile puisque moins de quarante vaches de race pure, de type « Aurois » ont été recensées ainsi que quatre taureaux. Sollicité dès 1979, le Parc National des Pyrénées a accepté d’être le support administratif et financier d’une opération de sauvegarde, en relation avec l’IE et le SUACI Pyrénées (Service commun aux Chambres d’Agriculture des départements pyrénéens pour les actions de développement en montagne). En 1982, le Ministre de l’Agriculture attribue une première subvention qui permet de faire collecter un taureau « Richet » pour l’insémination artificielle. La maîtrise d’oeuvre de ces actions de conservation est transférée en 1989 au Conservatoire du Patrimoine Biologique Régional de Midi-Pyrénées. C’est l’Institut de l’Elevage qui assure l’encadrement technique depuis la mise en oeuvre des opérations. Les actions de conservation génétique consistent essentiellement à :

  • Connaître les éleveurs et permettre les contacts entre élevages.
  • Repérer les femelles vivantes, entretenir l’inventaire des animaux, tenir à jour les généalogies (fichier PETPE de l’Institut de l’Elevage).
  • Acheter dans certains cas des animaux génétiquement intéressants susceptibles de disparaître.
  • Constituer un stock de semence de qualité afin d’assurer une reproduction normale de la population sur le long terme (aujourd’hui 18 taureaux sont disponibles pour l’insémination artificielle).
  • Faire connaître la race (publications, présentations d’animaux).

Partenaires et Contacts

  • 15 races animales à petits effectifs sont conservées en Midi Pyrénées.
  • Environ 500 éleveurs et propriétaires élèvent , font reproduire et valorisent ce patrimoine animal.
  • 4 vergers conservatoires font revivre plus de 900 variétés régionales de fruitiers.
  • 3 vignes conservatoires cultivent 150 cépages d’origine Sud Ouest.