La sauvegarde, voire la relance de la Castillonnaise ne peut se concevoir qu’au sein de son biotope montagnard, parmi les élevages traditionnels qui donnent encore une âme à la montagne.
Au milieu du XIXème siècle, l’administration de l’Agriculture différencie
deux races pyrénéennes selon le type de laine : la race pyrénéenne à laine tombante et la race pyrénéenne à laine frisée. Les animaux de la Haute-Garonne et de l’Ariège appartenant au groupe montagnard qualifié de « population ovine des Pyrénées Centrales » faisaient partie de la deuxième catégorie. Ce n’est qu’à partir de 1907 que la dénomination « Castillonnaise » apparaît au sein de cette population aux côtés de la Tarasconnaise. Son nom proviendrait de son lieu d’origine, la vallée de Castillon en Ariège dans le Haut-Couserans, où la race reste encore implantée à l’état relictuel. Elle est plus connue localement sous l’appellation « tête rouge » en raison de la pigmentation de sa peau. A la fin du siècle dernier, les animaux de cette race à l’ossature fine et d’engraissement facile étaient très recherchés par les éleveurs de la plaine.
En 1929, on estimait à 50 000 le nombre de brebis Castillonnaises. En 1969, il n’en restait plus que 19 000 dont 95 % en Ariège.
Des croisements anarchiques sont à l’origine de cette situation : les uns liés à l’utilisation de béliers de races anglaises, puis Tarasconnais pour obtenir de plus gros agneaux ; les autres provenant des luttes incontrôlées en estive qui accentuent les difficultés de renouvellement en race pure. L’exode rural, particulièrement important en zone de montagne, a également contribué à la diminution des effectifs qui ne comptent plus aujourd’hui qu’environ 3 100 brebis réparties dans 30 élevages.
| Tête | fine, tachée de roux, chanfrein étroit et long légèrement busqué chez la brebis, davantage chez le bélier |
| Oreilles | légèrement pendantes |
| Cornes | présentes chez le mâle, manquent chez la femelle. |
| Muqueuses | légèrement colorées (grisâtre). |
| Encolure | cou grêle. |
| Membres | moins longs que ceux des autres races des Pyrénées Centrales, ce qui abaisse le format de l’animal. |
| Laine | grossière (jarre), mèches 5 à 8 cm ; poids des toisons : de 0,5 à 1kg. |
| Toison | blanche, parfois tachée de roux surtout la tête et les extrémités. |
| Poids | béliers de 60 à 70 kg ; brebis de 45 à 55 kg. |
| Taille | hauteur au garrot : béliers de 60 à 70 cm, brebis de 50 à 65 cm. |
Le petit gabarit et la rusticité de la Castillonnaise sont les deux caractéristiques qui lui permettent de transhumer en montagne, de s’adapter aux chocs climatiques et aux conditions d’hivernage souvent précaires. Peu exigeante en alimentation, tant en pacages qu’en img3930|right>bergerie, la race Castillonnaise possède aussi de bonnes qualités maternelles (prolificité : 126 à 130%, valeur laitière : Gain Moyen Quotidien (GMQ) de 245 à 305 gr/jour entre 10 et 30 jours ). Les remarquables qualités laitières de cette brebis en font incontestablement, malgré un format réduit, la première dans la race des Pyrénées Centrales. De plus son désaisonnement sexuel autorise des mises-bas d’automne, à la descente d’estive
Les agnelages sont étalés sur l’automne et l’hiver. Le milieu naturel n’offre guère de possibilité d’intensification et de mécanisation. Ainsi, en hiver, les brebis allaitantes ainsi que les agneaux ne reçoivent du grain que de façon parcimonieuse. Les agneaux ne vont pas en altitude car la faible qualité des estives ne permet pas de produire des agneaux « finis » à leur descente de la montagne. Ceci explique que la production, longtemps dominante, d’agneaux de lait vendus à 2 mois (20-22 kg vif pour l’engraissement d’animaux en partie à destination de l’Espagne ces dernières années), demeure encore la ressource principale des élevages. Cette production reste beaucoup moins coûteuse que celle d’agneaux de boucherie vendus à 3 - 4 mois et pesant plus de 28 kg vif. La vente de reproducteurs constitue un troisième mode de valorisation.
Depuis 1989, diverses actions on été successivement mises en place
pour assurer la sauvegarde de ce patrimoine génétique sur le long terme tout en favorisant son maintien dans son milieu traditionnel d’élevage