La Lourdaise est une brebis de grand gabarit, caractère le plus marquant qui la distingue des autres races pyrénéennes.
Au milieu de ce siècle, la race de Lourdes était considérée comme appartenant à la race des Pyrénées Occidentales avec les 3 autres sous races : Béarnaise, Basquaise et Aure et Campan. Elle serait dérivée, par infusion de sang Mérinos, de la sous race Béarnaise dont elle aurait conservé le format, la conformation, le profil busqué. Le noyau actuel de race Lourdaise est celui qui a le mieux résisté aux infusions de sang aujourd’hui à peu près complètement effacées. Une section spécialisée des éleveurs Lourdais a été constituée dès la création de l’UPRA des races ovines des Pyrénées Centrales en 1975.
Le berceau actuel de la race s’étend sur les cantons d’Aucun, Argelès Gazost, Lourdes, Bagnères de Bigorre, Saint-Pé-de-Bigorre dans les Hautes Pyrénées.
En 1977, le cheptel de race pure avait, après enquête, été estimé à 3 500 femelles. Cet effectif a régressé compte tenu des difficultés économiques de l’élevage ovin en général et des problèmes spécifiques de débouchés liés à la mauvaise conformation des animaux. En 2009 on constate un léger regain de cette race : 850 brebis dans 22 élevages avec quelques nouveaux troupeaux créés par de jeunes éleveurs.
| Tête | chanfrein très busqué, long et étroit |
| Front | bombé |
| Oreilles | longues et basses |
| Poils | certains, blanc-grisâtre, assez longs garnissent la tête et la nuque la laine laisse le plus souvent la nuque à découvert |
| Cornes | enroulées en spirales, constantes chez les béliers et chez les brebis. |
| Membres et squelette | ossature forte, côtes allongées, bassin large et poitrine étroite |
| Robe | blanche, mais pouvant aussi être noire ou pie (10% des animaux) ; certaines souches présentent même une disposition particulière des taches ; la toison s’étend sur les flancs mais laisse le dessous du ventre à découvert, elle s’arrête sur les membres, un peu au dessus du jarret et du genou ; la race manque d’homogénéité dans les toisons qui sont longues (mèches de 10 à 15 cm) et jarreuses poids des toisons : 1,8 à 2,5 kg. |
| Poids | béliers de 70 à 100 Kg - brebis de 70 à 80 Kg. |
| Taille | hauteur au garrot : bélier de 75 à 95 cm, brebis de 70 à 85 cm. |
Cette race, trés docile, était dans le passé traditionnellement adaptée Ã
une production pratiquement disparue par défaut de rentabilité (ce mouton de 2 à 3 ans à la chair très appréciée était abattu à 80-90 Kg). Elle se désaisonne trés bien (85 % des agnelages de septembre à novembre). La prolificité de cette race est de 126 %.Les brebis sont trés bonnes laitières. Les agneaux ont une croissance de 290 grammes par jour sur une période comprise entre 10 et 30 jours. Au-delà de cette phase d’allaitement, l’insuffisance de précocité et de conformation au regard des exigences d’un abattage à 3-4 mois, ont entraîné un croisement avec la race Berrichon du Cher.
Le système d’élevage pratiqué est celui fréquemment rencontré dans les Pyrénées Centrales : estive en haute montagne de juin à septembre ; exploitation des granges foraines en demi-montagne avant et après l’estive ; en plein hiver, les animaux sont en bergerie où ils reçoivent du foin. La période de lutte, qui débute en avril, est toujours longue, de 6 à 8 mois, ce qui peut entraîner des doubles agnelages. La poursuite de la lutte en estive avec la présence de béliers de races étrangères accentue les difficultés de renouvellement en race pure.
La race Lourdaise est exploitée pour la production d’agneaux de deux types : agneaux de lait âgés de moins de 3 mois pesant 20-25 Kg et agneaux de boucherie pesant plus de 25-30 Kg à un âge supérieur à 3 mois. A côté de ces productions, celles de broutards et de moutons sont négligeables. La vente de brebis suitées à la descente d’estive est en régression.
Depuis 1989, diverses actions ont été mises en place avec l’appui du Conservatoire du Patrimoine Biologique Régional pour sauvegarder le patrimoine génétique représenté par la race Lourdaise :
Un début d’organisation des éleveurs autour de la promotion de cette brebis et de ses produits pourrait bientôt émerger .