Poster un courrier, acheter une baguette, soigner un rhume ou déposer son enfant à la crèche… Banales pour un citadin, ces actions du quotidien peuvent s’avérer un parcours du combattant pour ceux qui vivent en zone rurale. Pour lutter contre la désertification des services au public à la campagne, la Région met en place depuis plusieurs années différentes actions qui contribuent à améliorer la vie de milliers de Midi-Pyrénéens. Tour d’horizon.
Entre la suppression annoncée de bureaux de Poste, de blocs opératoires ou encore de juridictions, l’accès aux services publics dans les communes rurales est de moins en moins assuré, faute de rentabilité. Face à ce constat, la Région a engagé depuis plusieurs années un vaste programme de réaménagement de son territoire, plus juste et plus équilibré. Une volonté de Martin Malvy, président de la Région, qui s’est d’ailleurs traduite par la création d’une vice-présidence à la ruralité lors de la mise en place de la nouvelle assemblée régionale en mars dernier. « Un signal fort », selon l’élue en charge du dossier, Carole Delga, qui souhaite « faire de nos campagnes des lieux de vie et pas que de tourisme ».
« Notre objectif est de soutenir le maintien de services dans les zones rurales afin que les habitants puissent continuer à bénéficier de bonnes conditions de vie en termes d’accès à la santé, à l’emploi, à l’éducation ou encore à la culture », explique la vice-présidente à la ruralité, aux services au public et aux technologies de l’information et de la communication. Car si les zones rurales sont souvent considérées à tort comme un peu « endormies », la Région souhaite montrer au contraire qu’elles sont en activité et en développement. « On a longtemps assisté au tout urbain, mais aujourd’hui, la courbe a tendance à s’inverser et les gens retournent vivre dans les campagnes », témoigne Carole Delga, également maire de la petite commune de Martres-Tolosane. « Ces néoruraux viennent y chercher une meilleure qualité de vie, mais aussi du lien social et une certaine convivialité ».
Mais pour effectivement garantir cette fameuse « qualité de vie », il y a encore fort à faire en matière d’accessibilité des services, et notamment en ce qui concerne la santé. La densité médicale devrait par exemple chuter de 22 % d’ici à 2030 selon une étude de la Direction de la recherche, des études de l’évaluation et des statistiques. Aussi, depuis 2006, le Conseil régional a mis en place un Plan en faveur des zones sous-médicalisées identifiées en Midi-Pyrénées afin de lutter contre les inégalités territoriales d’accès aux soins. Mais outre la santé, la Région participe aussi à tout un panel d’actions visant à soutenir les services au public. Pour les familles, par exemple, via des aides à la création de structures d’accueil pour la petite enfance. Mais aussi pour l’emploi et la revitalisation des centre-bourgs et des villages, en favorisant l’ouverture de commerces de proximité dans les communes de moins de 2000 habitants. Enfin, elle vient d’initier le déploiement de Points Visio-Public permettant de rapprocher les services publics tels que le Pôle emploi, la Caf ou la Cram des habitants vivant en zone rurale via des bornes interactives. Mais les élus régionaux craignent que la réforme territoriale en cours de discussion au Parlement ne mette un coup d’arrêt à ces actions en limitant les possibilités d’intervention des Départements et des Régions hors de leurs compétences strictes. Sans compter que la suppression de la taxe professionnelle prive les Régions de l’essentiel de leurs recettes fiscales. D’autant plus préoccupant que, mises bout à bout, l’ensemble de ces mesures contribuent largement à améliorer le quotidien de milliers de Midi-Pyrénéens.