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Le blog-notes de Midi-Pyrénées par Martin Malvy, ancien Ministre, Président de la Région Midi-Pyrénées

Région Midi-Pyrénées

Agenda

Podium

La Région Midi-Pyrénées commence son 1er trimestre avec une moisson de bonnes notes : plus faible endettement de France, 2e rang pour le niveau d’investissement par habitant, championne de la croissance, région la plus créatrice d’emplois salariés. Ce n’est pas une raison pour nous endormir sur nos lauriers, mais c’est un fort encouragement pour tous : l’effort, la créativité, l’innovation, la solidarité aussi, donnent des résultats. (références et détails)


Le chiffre

En Midi-Pyrénées, 100000 travailleurs appartiennent à un ménage pauvre, vivant avec moins de 880 euros par mois et par unité de consommation, nous apprend l’INSEE. J’avais déjà été frappé de constater que 25 % des familles qui ont acquis un ordinateur portable en passant par le dispositif inventé par la Région, l’OrdiLib’, avaient bénéficié du tarif le plus bas, 30 euros, parce qu’elles justifiaient d’un revenu mensuel moyen inférieur à 800 euros pour une famille de deux enfants. Comment peut-on lire ces chiffres sans s’en indigner ? Et sans convenir qu’une réforme en profondeur de nos sociétés est nécessaire ?

Crise : les raisons d’espérer

Peut-on encore être optimiste quand chaque jour semble confirmer l’aggravation de la crise ?
Karine Berger et Valérie Rabault, économistes, ont recensé* les raisons d’espérer et proposent des solutions réalistes. Pour résumer, trois scénarios sont possibles. Continuer sur la pente actuelle et s’enfoncer dans l’endettement. Sacrifier à la rigueur et donner l’impression pendant quelques mois d’un redressement des comptes, tout en s’empêchant durablement de faire diminuer la dette qui plombe notre économie. Reste un seul scénario raisonnable :
L’investissement public dans des secteurs ciblés, producteurs de richesse que sont par exemple les transports, l’énergie, la santé… C’est d’une certaine façon la voie choisie par Obama alors que les gouvernements européens semblent, eux, adeptes des saignées. Or, on sait depuis Molière que grâce à elles, les malades meurent guéris.
* « Les Trente glorieuses sont devant nous », Karine Berger et Valérie Rabault (éd. Rue Fromentin)

Une nuit sur la rocade

Région Midi-Pyrénées - Le président de la Région, Martin Malvy et le préfet de région Henri-Michel Comet, lors de leur visite nocturne du chantier de la ligne Toulouse-Saint-Sulpice en juillet dernier. © Emmanuel Grimault
Le président de la Région, Martin Malvy et le préfet de région Henri-Michel Comet, lors de leur visite nocturne du chantier de la ligne Toulouse-Saint-Sulpice en juillet dernier.
© Emmanuel Grimault

Avec quelques élus régionaux, le préfet de région et les responsables de la SNCF et de Réseau ferré de France, j’ai assisté à la mise en place d’un nouveau pont ferroviaire sur la rocade toulousaine. Ce nouveau pont symbolise l’avancée du doublement de la voie entre Toulouse et Saint-Sulpice qui permettra de réorganiser tout le service de trains régionaux en direction du Nord-Est de Midi-Pyrénées : Albi, Castres, Rodez, Figeac. C’est le plus grand chantier du plan Rail, que la Région a initié pour sauver le réseau TER. Les usagers concernés subissent momentanément des perturbations que nous savons pénibles. Mais l’achèvement du plan Rail, dans deux ans, facilitera un nouveau doublement du nombre de voyages en TER, qui est déjà passé de 5 à 10 millions en 10 ans.

L’Académie de Toulouse rayée de la carte ?

C’est une banalité, mais il semble qu’on la perde parfois de vue : toute société se construit sur l’éducation de ses enfants. C’est la clé du civisme, de la citoyenneté, de l’emploi, de la création. Tous les pays émergents – la Chine, l’Inde, le Brésil, etc. – investissent massivement dans la formation car ils ont compris que la compétitivité économique se construit essentiellement aujourd’hui sur la fameuse « Ã©conomie de la connaissance ».
Face aux difficultés actuelles et à venir, comment croire que la solution consiste à faire des coupes sombres dans le budget de l’Éducation ? À sacrifier l’avenir au présent ?
Et pourtant, la réalité est là : depuis 2007, le gouvernement a supprimé 65000 postes d’enseignants, l’équivalent de tous les postes de l’Académie de Toulouse ! Les premières conséquences ont été des classes surchargées, jusqu’à 35 élèves, voire plus. Mais aujourd’hui, le tissu éducatif craque de toutes parts. L’an dernier, une classe de seconde du lycée de Blagnac n’a pas eu cours de maths pendant plus de 3 mois. C’est inacceptable et pas seulement pour les membres de la communauté éducative, mais pour la société dans son ensemble.