Région Occitanie / Pyrénées-Méditerranée

Les variétés végétales en conservation

IMPORTANT

Les Régions Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées forment une seule Région depuis le 1er janvier 2016. L’harmonisation des politiques régionales est en cours. Pendant cette période transitoire, les dispositifs ci-dessous concernent les seuls départements de l’ancienne région Midi-Pyrénées.

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Le conservatoire régional des cépages

Pourquoi un Conservatoire des cépages ?

L’encépagement de nos régions viticoles était diversifié jusqu’au début du 19ème siècle. On comptait jusqu’à 150 cépages différents qui entraient dans la fabrication de divers vins. D’autres raisins étaient consommés en frais (cépages de table). Vers 1850, les maladies cryptogamiques et l’invasion du phylloxéra en ont fait disparaître un certain nombre.

La reconstitution des vignobles à partir de 1875 s’est souvent opérée en recherchant la productivité sans tenir compte des traditions viticoles régionales. Par la suite, les objectifs de la sélection variétale, sanitaire puis clonale ont également contribué à l’appauvrissement de cette ressource génétique.

Certains vignerons, respectueux de leur production, ont cependant conservé des cépages autochtones sur l’ensemble du territoire (aires d’appellation et autres zones de culture). A partir de 1950, des actions de sauvegarde ont été également menées par des services de l’Etat ou des centres de recherches. C’est ainsi qu’un conservatoire de cépages a été implanté à la station INRA de Montpellier, au domaine de Vassal (Hérault). Afin de doubler ces collections de sauvegarde, le Conservatoire du Patrimoine Biologique Régional a décidé de créer en 1990, un Conservatoire des cépages autrefois cultivés en Midi-Pyrénées.

Trois sites régionaux

Les collections du Conservatoire sont réparties sur trois sites :

Le domaine de MONS à Caussens (32), propriété de la Chambre d’Agriculture du Gers Les cépages anciens conservés sont répartis en deux groupes :

Une parcelle regroupant sous 3 ou 5 souches l’ensemble des cépages de cuve cultivés actuellement, en voie de disparition ou même disparus de tout le grand Sud-Ouest, de l’Atlantique au seuil de Naurouze : soit 140 cépages.

Une parcelle regroupant les vieux cépages de distillation, Jurançon blanc, Meslier St François, Graisse, Claret de Gascogne … en superficie suffisante afin d’obtenir pour chacun « une pièce » (400 litres) d’Armagnac et d’en étudier le vieillissement en comparaison avec les autres cépages actuellement utilisés.

Le Conservatoire Régional d’Espèces Fruitières et de Vignes Anciennes à la ferme départementale du Roc à Puycelsi (81), propriété du Conseil Général du Tarn. Les 115 cépages conservés sont issus des zones viticoles de l’est de la région Midi-Pyrénées auxquels s’ajoutent quelques cépages de raisins de table.

Le Conservatoire des Cépages de V’Innopôle à Peyrole (81) : créé et géré par la profession viticole, ce site conserve depuis 2004 une collection de 146 cépages régionaux indemnes de virose. Les plantations de cépages de raisins de table, de cépages nationaux et de lambrusques (vigne sauvage) au nombre de 132 complètent cette collection dans le Sud-Ouest qui est utilisée par les professionnels et les étudiants en viticulture.

Les missions du Conservatoire

  • Maintenir la mémoire historique de l’ancien vignoble : à une époque où la réglementation limite le choix des cépages, le Conservatoire permet de garder le souvenir de la richesse ampélographique de notre région au travers des plants que nos ancêtres ont exploités.
  • Conserver la diversité génétique : si un accident, d’une quelconque nature, vient à détruire un clone, un cépage ou un vignoble, il faut pouvoir retrouver en un lieu donné, les gènes qui redonneront vie à la vigne.
  • Constituer un support d’étude : des chercheurs se penchent sur les constituants du raisin et leurs propriétés dans des domaines aussi divers que la médecine, l’œnologie, la technologie, la parasitologie…
  • En faire un outil pédagogique.

Quelques cépages de la collection

Tarabassie

Ce cépage est originaire de l’Aveyron, où on le rencontrait encore il y a peu en mélange dans de très vieilles parcelles.
Très vigoureux, productif et tardif, il se distingue par un bourgeonnement cotonneux blanc à liseré carminé, un feuillage découpé par des sinus profonds et étroits et un sinus pétiolaire étroit à bords superposés. Il a aujourd’hui totalement disparu et n’est plus maintenu qu’en collection.*

Arrufiac

Originaire de la vallée de l’Adour, il est présent dans une partie du Gers, des Landes et des Pyrénées-Atlantiques. Son bourgeonnement est blanc avec un liséré coloré, et très cotonneux. Ses feuilles, rondes et très découpées (à 5 lobes bien marqués) présentent un sinus pétiolaire ouvert et, fréquemment, une dent au fond des sinus latéraux. De maturité très tardive, ses petites baies confèrent à son vin une typicité aromatique assez marquée.

Bouchales

Originaire de la vallée de la Garonne, anciennement appelé Grappu ou Esparbasque, ce cépage n’est presque plus cultivé. Ses bourgeonnement sont très cotonneux, ses feuilles, très grandes et d’un vert soutenu, sont généralement trilobées avec un sinus pétiolaire peu ouvert. Très vigoureux et productif, à grosses grappes, il donne un vin peu coloré et léger en structure et en alcool.

Mauzac rose

C’est la forme rose du cépage Mauzac (qui présente une grande diversité), issue d’une mutation sur un Mauzac blanc à grappes serrées. Comme l’ensemble des vrais Mauzac, son bourgeonnement est très cotonneux, ses feuilles peu découpées (entières ou à 3 lobes peu marqués), orbiculaires ou cordiformes, au limbe à la texture martelée et d’une couleur verte soutenue. Ses grappes sont très compactes et sa maturité assez tardive, similaire à celle des Mauzac blancs à grappes serrées.

Milgranet

Autrefois assez répandu dans les vieilles parcelles des vallées du Tarn et de la Garonne, il figure encore dans l’encépagement des vins de Lavilledieu où on ne le rencontre cependant quasiment plus. Ses bourgeonnements sont verts à plages bronzées, ses feuilles découpées en cinq lobes, avec un sinus pétiolaire en V ouvert. Assez tardif, il est très productif, et donne des vins peu alcoolisés, légers et fruités.

Noual

Probablement originaire de la région de Cahors, il a également été retrouvé dans une partie de l’Aveyron. Son bourgeonnement est blanc et cotonneux, ses feuilles, longues et vert pâle, sont peu découpées, et son sinus pétiolaire est fermé. Très productif, assez tardif, vigoureux et à longues grappes, il est en cours d’expérimentation dans le Lot.

Prunelard

Ce cépage très ancien, dont la génétique a montré qu’il était le père du Cot (Malbec), figure aujourd’hui dans les décrets AOC de Gaillac et Marcillac, après avoir quasiment disparu à la fin du XIXème siècle. Il se distingue par ses bourgeonnements cotonneux et assez colorés, ses feuilles rondes, brillantes, pas ou très peu découpées et au sinus pétiolaire en V fermé. Peu productif, il donne des vins très colorés, concentrés, aux arômes de fruits mûrs et de poivre.


Partenaires et Contacts

Chambre d’Agriculture du Gers
Château de Mons
Centre Technique de la Vigne et du Vin
32100 Caussens
Tél. : 05.62.68.30.30

Conservatoire Régional d’Espèces Fruitières Anciennes et de Vigne

Conseil Général du Tarn
Direction de l’Eau et de l’Environnement
17, rue Gabriel Compayré - 81013 Albi cedex 03
Tél. : 05.63.48.68.55
Mail : isabelle.calviere@cg81.fr

Maison du verger - Ferme Départementale du Roc
81140 Puycelsi
Tel : 05.63.33.19.41

Institut Français Vigne et Vin
V’Innopôle
BP 22 - 81810
L’Isle sur Tarn
Tél : 05.63.33.62.62