Dans le département du Lot, à 60 Km au nord de Cahors, Rocamadour est l’un des sites les plus extraordinaires de France. Accrochée à la verticale au-dessus du canyon de l’Alzou, la cité fut dès le 12ème siècle un grand lieu de pèlerinage.
Bâtie en paliers successifs à flanc de falaise, la cité de Rocamadour demeure telle que Victor Hugo l’a célébrée : « irréelle splendeur au détour de la côte, mirage brun et mauve, Rocamadour la haute surgit, escaladant de son farouche élan le sauvage canyon qui la porte ».
Sanctuaire consacré à la Vierge ainsi qu’aux reliques de Saint-Amadour, Rocamadour devint au 12ème siècle un lieu de pèlerinage pour toute la Chrétienté, au même titre que Saint-Jacques de Compostelle. C’est en gravissant à genoux les 216 marches du grand escalier que les pèlerins atteignaient les sanctuaires, coeur de la cité religieuse où se pressent, à l’ombre de la falaise, 7 églises et chapelles. On admirera ainsi, dans la chapelle Notre-Dame, la statue de la Vierge Noire (12e siècle) qui a suscité tant de dévotion.
De ruelles piétonnes en portes fortifiées, la visite des sanctuaires se complète par celle du Musée d’Art Sacré. Il est dédié au grand musicien Francis Poulenc (1899-1963) pour lequel la force spirituelle de Rocamadour fut une véritable source d’inspiration.
Proposant par ailleurs de nombreuses distractions (Rocher des Aigles, Grotte des Merveilles, Forêt des Singes, Féerie autour du Rail, …), le site prestigieux de Rocamadour s’ouvre sur le causse de Gramat, remarquable par ses vallées taillées en canyons, sa flore et son petit patrimoine bâti en pierre sèche. Nous sommes sur le territoire du Parc Naturel Régional des Causses du Quercy, mais aussi dans le berceau du plus exquis des fromages de chèvre (« cabécou ») : l’ AOC Rocamadour.
A ne pas manquer, les diverses grandes manifestations qui animent Rocamadour tout au long de l’année telles que la fête des fromages (dimanche de pentecôte), le festival les éclectiques (mi juillet), la semaine mariale (semaine du 8 septembre) ou le rassemblement des montgolfières (le dernier week-end de septembre).
Petit par sa taille mais immense par sa contribution à l’art roman, le
village de Conques est situé dans l’Aveyron, à 39 Km au nord de Rodez. Son abbatiale Sainte-Foy, notamment, lui vaut d’être inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco.
A Conques, l’art roman s’exprime comme nulle part ailleurs, dans une harmonie de schiste gris bleuté, de calcaire ocre et de grès rouge, de fleurs, de lauzes argentées et de façades à pans de bois. Serti au creux d’un vallon luxuriant, le site est classé au patrimoine mondial pour son abbatiale Sainte-Foy mais aussi pour le pont franchissant le Dourdou : ces deux monuments sont en effet symboliques de l’importance de Conques dans le pèlerinage de St-Jacques de Compostelle.
Tout commença au XIe siècle, lorsque des moines édifièrent, sur les bases d’un ancien ermitage, la fantastique abbatiale Sainte-Foy. Cette dernière devint dépositaire des reliques de Sainte-Foy (déposées à Conques en 866) : à partir de ce moment, les miracles se succédèrent en même temps que les foules de pèlerins. L’aura de Conques atteint son apogée aux 11ème et 12ème siècles.
La découverte du Trésor de Sainte-Foy, ruisselant d’or et de pierres précieuses, demeure un grand moment pour ceux qui visitent Conques. L’abbatiale Sainte-Foy exerce également une fascination puissante. Sa perfection romane inspira le peintre abstrait Pierre Soulages qui, en 1994, inventa pour elle des vitraux capables de saisir l’essence de la lumière. Monument majeur de l’architecture médiévale, l’abbatiale est citée en exemple pour son tympan du Jugement Dernier achevé vers 1125. Foisonnant de 124 personnages, il matérialise, de part et d’autre de la figure du Christ, l’enfer et le paradis.
Rayonnant d’une vie culturelle et artistique intense, Conques accueille tout au long de l’année concerts, séminaires, colloques, voyages culturels et classes de patrimoine, sans oublier les pèlerins d’aujourd’hui, toujours plus nombreux.
Musée Toulouse-Lautrec-Palais de la Berbie, cathédrale Sainte-Cécile, Centre ancien ou Vieil Alby : voici la trilogie sacrée d’Albi, chef-lieu du Tarn baignant dans une douceur toscane, haut-lieu touristique situé à 76 Km au nord-est de Toulouse.
Sous les feux de sa brique pourpre, Albi présente l’un des plus grands secteurs sauvegardés de France, où se côtoient hôtels Renaissance, maisons à colombages, cloîtres et églises romanes. Epicurienne et charmeuse, la cité jadis rebelle abrita les premiers Cathares persécutés par l’Eglise (d’où le terme de « croisade contre les Albigeois »). L’autorité catholique signifia sa reconquête par la construction, au 13ème siècle, de deux édifices exceptionnels : la cathédrale Sainte-Cécile et le Palais de la Berbie qui abrite aujourd’hui le musée Toulouse-Lautrec, de notoriété internationale.
Né à Albi en 1864, Henri de Toulouse-Lautrec et son univers de cabarets, maisons closes, cirques et champs de course se découvre ici à travers plus de 1 000 peintures, dessins, affiches et lithographies. Il s’agit de la collection la plus importante au monde consacrée au peintre. Elle bénéficie avec le Palais de la Berbie d’un cadre remarquable. Cette forteresse conçue pour le confort des évêques s’orna au 17ème siècle d’un ensemble élégant de jardins à la Française et de terrasses donnant sur le Tarn.
La visite se poursuit avec la cathédrale Sainte-Cécile, achevée en 1480. Ses murailles défensives, époustouflantes, contrastent avec le raffinement de sa décoration intérieure. Les peintures du Jugement Dernier, le jubé (15ème s.) et les fresques de la voûte réalisées par des artistes italiens (16ème s.) constituent de véritables chefs-d’oeuvres.
Ne manquez pas de vous promener sur les berges du Tarn : agréablement aménagées, elles offrent un superbe panorama sur la cité, le Pont Vieux et les anciens moulins albigeois, joliment restaurés.
Avec son cloître classé au patrimoine mondial, Moissac est l’une des fiertés du Tarn-et-Garonne. A 30 Km à l’ouest de Montauban, ce haut lieu de l’art roman en France est aussi un pôle fruitier important, baigné par le Tarn et le Canal de Garonne.
Moissac, cité active, jouit d’une notoriété internationale due à son abbatiale Saint-Pierre et à son cloître, classés au patrimoine mondial de l’humanité. Fondée au 7ème siècle, l’abbaye de Moissac eut pendant des siècles une influence considérable. Elle fut et demeure une étape majeure sur les chemins de Saint-Jacques de Compostelle.
D’une sérénité envoûtante, le cloître consacré en l’An 1100 déploie ses 4 galeries ornées de 76 superbes chapiteaux, historiés ou décoratifs. Il n’existe pas d’autre exemple au monde d’un cloître de cette époque qui nous soit parvenu ainsi dans son intégralité. Le tympan de l’abbatiale compte par ailleurs parmi les chefs-d’oeuvre de la sculpture romane.
Dotée d’un joli port de plaisance, Moissac est aussi le point de départ de balades sur le Canal de Garonne, ponctué d’écluses et d’ouvrages d’art (voir l’impressionnant pont-canal de 1847). On flânera également sur la promenade qui longe le plan d’eau du Tarn entre le pont Napoléon, le moulin de Moissac (aujourd’hui un hôtel) et l’Uvarium de style art déco où l’on s’offrait des cures tonifiantes à base de jus de raisin.
Moissac est en effet la patrie du célèbre raisin AOC Chasselas, le premier fruit frais à bénéficier d’une Appellation d’Origine Contrôlée. Elevé sur les coteaux alentour, le roi Chasselas donne lieu à de joyeuses festivités (septembre). Il contribue à faire de Moissac la capitale fruitière du Tarn-et-Garonne, département classé parmi les premiers pour la production de prunes, de pommes, de melons et de raisins.
Perché au sommet d’une falaise, Bruniquel a pour écrin la splendeur naturelle des gorges de l’Aveyron. Direction le Tarn-et-Garonne pour découvrir ce village classé parmi les plus beaux de France, à 28 Km à l’est de Montauban.
Dominant la rivière Aveyron d’une hauteur impressionnante, les châteaux de Bruniquel sont les premiers à captiver le regard. L’enchantement continue lorsqu’on flâne dans le bourg fortifié bâti en étages.
Fondé dit-on par la reine Brunehaut, fille du roi des Wisigoths, Bruniquel joue une partition harmonieuse et parfumée : façades ouvragées en pierre calcaire, rosiers grimpants et lilas, jardins ensauvagés, ruelles escarpées pavées de galets, belles demeures égrenant les siècles : 15ème, 16ème, 17ème. L’une d’elles, la Maison Payol, abrite un musée qui nous invite à vivre les riches heures de l’histoire locale. Cinq salles s’ouvrent au public sur les trois étages de cette ancienne maison bourgeoise qui a conservé ses beautés intérieures.
Poursuivons par la visite des châteaux couronnant le rocher. Nous y trouverons le Château « Jeune » avec son labyrinthe de pièces en partie restaurées, la tour de la reine Brunehaut (12ème s.) mais également le Château « Vieux ». Bâti sur d’anciens murs du Moyen Age, ce dernier offre un panorama superbe sur les gorges de l’Aveyron, du haut de sa galerie de style Renaissance ouvrant à pic sur la rivière. Cet ensemble historique servit de décor au film « Le vieux fusil » avec Philippe Noiret et Romy Schneider. Une salle accueille une exposition de photos prises pendant le tournage de ce film, aussi inoubliable que le sont les charmes de Bruniquel.
A 113 Km au sud-ouest de Toulouse, dans la Haute-Garonne, Saint-Bertrand-de-Comminges offre le profil saisissant de sa cathédrale et de ses vieilles pierres qui se découpent, comme suspendues en l’air, sur l’arrière-plan du piémont pyrénéen.
Surplombant la vallée de la Garonne, Saint-Bertrand-de-Comminges est le point d’orgue d’un ensemble historique et architectural exceptionnel. Au pied de la cité, dominée depuis le Moyen-Ã,ge par la cathédrale Sainte-Marie, on découvre en effet deux joyaux étendus dans la plaine. Il s’agit d’une part des vestiges de Lugdunum, métropole antique de 5 à 10 000 habitants fondée au 1er siècle avant J.C. et, d’autre part, de l’émouvante basilique Saint-Just-de-Valcabrère. Solitaire au milieu des champs, cette superbe basilique du 12ème siècle compte dans ses murs de nombreux éléments prélevés sur sa voisine, la ville gallo-romaine.
Des rues à forte pente partent à l’assaut de Saint-Bertrand-de-Comminges, cité hors du temps entourée de remparts et peuplée de vieilles demeures. Majestueuse, la cathédrale baigne dans une aura spirituelle certaine, avec son étonnant clocher-porche du 12ème siècle et son cloître aux galeries romanes et gothiques. A l’intérieur, l’oeil est captivé par les splendides boiseries du choeur des chanoines daté de la Renaissance comprenant notamment 66 stalles sculptées de mille détails hésitant entre l’insolite et le merveilleux.
Dotée d’un orgue remarquable du 16ème siècle, la cathédrale accueille chaque année depuis 1975 le Festival du Comminges (juillet-août). Artistes consacrés et jeunes talents se relaient pour célébrer la musique ancienne, le chant et la musique de chambre. De notoriété internationale, porté par un public enthousiaste, le Festival du Comminges se déroule également dans la basilique St-Just-de-Valcabrère, à Montréjeau, St-Gaudens et Martres-Tolosane.