Cirque grandiose et montagne d’exception, Gavarnie et le Mont-Perdu forment à eux deux, de chaque côté des Pyrénées, un ensemble incomparable. L’Unesco, dès 1997, a décidé d’inscrire cet ensemble au Patrimoine mondial de l’Humanité. Pour son paysage unique et en hommage à la nature qui se moque des frontières.
Gavarnie est le site touristique le plus fréquenté de la chaîne, avec un million de visiteurs par an en moyenne. Un succès qui a débuté au XIXème siècle. Victor Hugo, sous le charme à la fois de Juliette Drouet et des lieux, évoquait « l’architecture la plus mystérieuse, du plus mystérieux des architectes ».
Gavarnie est d’une magistrale symétrie. Les glaciers ont façonné les murs du cirque sur plus de 1 500 m de dénivelé. D’immenses falaises, entrecoupées de gradins, s’offrent au regard. Le blanc de la neige tranche sur l’ocre des calcaires.
En prime, des cascades, dont la plus grande d’Europe avec 423 m, animent ces murailles. Tout en haut, une échancrure ouvre sur le versant espagnol. Ce n’est qu’une légende, mais la brèche de Roland semble bien avoir été taillée d’un vigoureux coup d’épée dans le rocher.
Depuis la brèche, on peut voir le Mont Perdu. Ce massif culmine à 3 352m. C’est la troisième cime pyrénéenne. Là aussi, l’eau a accompli un incroyable travail. Le site comprend deux des canyons les plus longs et les plus profonds d’Europe. L’Unesco a distingué ce site également pour son importance culturelle. Il apporte en effet un témoignage inestimable sur une société pastorale souvent encore inchangée.
A 3 298 m d’altitude, le Vignemale est considéré comme le plus « alpin » des massifs pyrénéens.
Pour l’admirer, on peut partir du Pont d’Espagne. La balade dans une vallée couverte de sapins est superbe. Les eaux des gaves de Gaube et de Marcadau se rejoignent en cascades écumantes.
Plus haut, le lac de Gaube mène au pied du Vignemale. Son nom est associé pour toujours à celui d’Henry Russell. Ce natif de Toulouse était irlandais par son père et gersois par sa mère. Très tôt, il parcourt le monde. Cordillère des Andes, traversée de l’Atlantique, Grande Muraille de Chine, Australie, Japon, il veut tout voir.
Mais son coup de foudre sera pour les Pyrénées. Il écrit : « On ne saurait rien voir de plus sublime que les dernières minutes d’une belle soirée d’automne sur ses sommets glacés ». Il montera à 33 reprises au Grand Vignemale, la dernière fois à l’âge de 70 ans.
Dans l’intervalle, pour profiter de l’enchantement, Russell se fait creuser des grottes au-dessus du glacier. Il y reçoit, avec force punch fait à partir de vin de Bordeaux chauffé ! Russell vit une telle communion qu’il demande et obtient une concession du Haut-Vignemale. Celle-ci n’a pris fin qu’en 1998…