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Osez les musées !

Pas toujours facile de pousser la porte d’un musée, la faute à pas mal d’idées reçues : ennuyeux, passéiste, austère. Or les musées ont bien changé. Ils vous offrent aujourd’hui milles émotions, milles voyages. La prise de risque est infime et le prix souvent très abordable. Autant de raisons pour se laisser tenter !

Du plus ancien musée de la région, le musée des Augustins à Toulouse, au futur musée Soulages de Rodez, l’histoire des musées en Midi-Pyrénées s’étale sur plus de deux siècles. Deux siècles au cours desquels ces institutions ont considérablement évolué, tout en restant fidèles à leurs origines révolutionnaires, inspirées des philosophes des lumières et de leur foi dans les vertus de l’accès au savoir.
En France, le premier né n’est autre que le Louvre, ancien palais royal transformé en musée en août 1793. Comme lui, les premiers musées seront constitués d’oeuvres d’art confisquées au pouvoir royal, à la noblesse, et au clergé. C’est à cette période, et dans ce contexte qu’a été créé le musée des Augustins, à Toulouse, en 1 795.

Région Midi-Pyrénées Musée des
Audustins à
Toulouse
Musée des Audustins à Toulouse

D’autres suivront, nombreux, puisque qu’en Midi-Pyrénées on compte aujourd’hui 76 musées, dont 74 sont labellisés « Musée de France » par le ministère de la Culture. Collections ou thématiques uniques en France ou dans le monde, artistes locaux de renommée internationale, artistes internationaux, histoires d’insectes ou de balais… la richesse des musées de Midi-Pyrénées est une véritable invitation à voyager, dans le temps et dans l’espace. De quoi rêver par exemple devant des vestiges de civilisations anciennes, s’émouvoir devant des objets témoins des moeurs d’antan, des savoir-faire et techniques d’hier, ou d’aujourd’hui.

Un musée, c’est aussi une rencontre. Une occasion de tomber nez à nez avec un personnage historique ou un artiste célèbre, la figure d’un puissant ou celle d’un homme du peuple, à l’angle d’un cloître, dans les recoins d’un palais du XVIe siècle, ou dans le labyrinthe d’une structure contemporaine. Un musée, c’est un voyage dans tous les sens et de tous les sens ou presque : avec autant de perceptions différentes que de visiteurs.

Un voyage dans le temps

Dans une même ville, le voyageur peut parfois traverser des millénaires. À Rodez, dès l’année prochaine, le musée Soulages ouvrira ses portes. Fait rarissime, l’artiste, enfant du pays, a collaboré avec les architectes pour donner naissance à un musée avant-gardiste. Un musée dont le parcours permettra de comprendre le processus de création d’une oeuvre.
Entre ce lieu dédié à l’art moderne et contemporain et le musée Fenaille qui possède le plus important ensemble français de représentations humaines préhistoriques avec ses dix-sept statues-menhirs, il n’y a que quelques kilomètres, mais une distance de près de 5 000 ans dans l’histoire de l’art.

Région Midi-Pyrénées Place
des Écritures
à Figeac
Place des Écritures à Figeac

À Figeac, c’est un voyage à la découverte de l’histoire des écritures du monde qui attend le visiteur dans la maison même où naquit Jean-François Champollion : naissance des écritures, invention des alphabets en Méditerranée, histoire du livre… la balade est passionnante.

Pourquoi ne pas s’arrêter aussi à l’époque où les Celtes ou les Romains vivaient dans la région toulousaine ? Pour cela, il suffit de pousser les portes du musée Saint-Raymond et de plonger dans les origines de Tolosa.
Le musée des Antiques de Toulouse conserve un ensemble archéologique des plus importants de France dont les sculptures de la villa Chiragan. Parmi elles, la troublante tête de Vénus de Martres.

Les traces laissées par la civilisation romaine et gallo-romaine dans le Comminges méritent une étape, par exemple au musée archéologique départemental de Saint Bertrand de Comminges.

L’histoire de Midi-Pyrénées est riche, mouvementée aussi. Les occasions de s’y intéresser n’en sont que plus nombreuses.
Les châteaux cathares gardent le souvenir de la violente répression contre les hérétiques lors de la croisade des Albigeois au XIIIe siècle. La collection de pointes de flèches du musée archéologique de Montségur en atteste.

Trois siècles plus tard, ce sont les protestants qui étaient pourchassés. Le musée de Ferrières dans le Tarn, seul musée en France du fait religieux, retrace notamment l’histoire du protestantisme et des huguenots. De nombreuses oeuvres illustrent ainsi l’Inquisition ou les guerres de religions du XVIe siècle.

Au musée des Augustins de Toulouse, « L’Agitateur  » de Jean Paul Laurens, peintre régional du XIXe représente la croisade contre les Cathares. Une grande toile carrée de 3 mètres de hauteur intitulée « Expulsion des Huguenots de Toulouse » d’Antoine Rivalz évoque, quant à elle, la persécution des Protestants.
Parfois, les oeuvres ont aussi de beaux écrins. Difficile par exemple de ne pas se laisser aller à la contemplation devant l’ensemble architectural formé par le musée des Augustins, classé monument historique. Du cadre somptueux de l’église gothique, au monumental escalier du XIXe siècle, en passant par l’apaisant cloître de l’ancien monastère, l’édifice est une oeuvre d’art en lui-même.

Beaucoup plus récent, quoique toujours en brique, les Abattoirs, musée d’art moderne et contemporain de Toulouse et Midi- Pyrénées. Tout en équilibre et symétrie, ce bâtiment du XIXe siècle, inspiré des plans de la basilique Saint-Sernin, dévoile au visiteur toute son ampleur dès ses premiers pas dans le lieu. Une transformation contemporaine réussie sans dénaturer le bâtiment d’origine et qui offre un espace lumineux aux visiteurs : une grande halle de 52 mètres de long et 36 de large formant une nef qui se termine par un hémicycle, bordée de deux pavillons.

Autre musée classé monument historique, le palais de la Berbie qui abrite le musée Toulouse Lautrec à Albi. Les 150 000 visiteurs annuels viennent autant admirer les 1 000 oeuvres léguées par les parents du peintre natif d’Albi, que ce palais épiscopal édifié au XIIIe siècle. Jouxtant la cathédrale Sainte-Cécile, la hauteur de ses murs domine le Tarn et leur épaisseur dégage une puissance sur laquelle le temps n’a pas eu de prise.
La dernière phase de restructuration du palais, encore en cours, achèvera de lui donner une autre dimension.

L’art de l’atmosphère

Une dimension propice au voyage, idéale pour découvrir l’univers des oeuvres de Toulouse-Lautrec. Ses affiches sont collées à la mémoire collective. Grâce à elles, on plonge dans le monde du spectacle parisien et de la vie bohème nocturne que le peintre appréciait.

Qui ne connaît pas La Goulue, vedette du Moulin Rouge, Jane Avril ou l’écharpe rouge d’Aristide Bruant se produisant aux Ambassadeurs ? Ces affiches n’ont rien perdu de leur pouvoir de séduction.
Séduit ou plutôt fasciné, Ingres l’était par l’Orient. Il n’y a pourtant jamais mis les pieds. Ce qui ne l’empêcha pas de peindre quelques chefs d’oeuvres présentés au musée Ingres de Montauban. L’Orient d’Ingres est un univers féminin aux créatures indolentes et troublantes.
Les amateurs de l’orientalisme peuvent, eux aussi, se passer de traverser la Méditerranée et s’arrêter au musée des Beaux-arts de Bagnères- de-Bigorre où se trouve la collection « Les orientalistes ». De Bagnères-de-Bigorre, l’Espagne n’est plus très loin.

Mais c’est sans doute du musée Goya, à Castres, que l’on s’en rapproche le plus. C’est à ce jour le seul musée en France tout entier dédié à la peinture hispanique du XIVe siècle à nos jours. Depuis le legs de Pierre Briguiboul d’un ensemble exceptionnel d’oeuvres d’art de peinture espagnole en 1894, dont « L’Autoportrait aux lunettes  » de Goya, le musée est devenu une référence.

De dépôts prestigieux en acquisitions grâce, entre autres, au soutien de la Région, le visiteur croise Velasquez, Murillo, Picasso, Pacheco, Miro… L’Espagne, l’Orient, le Moulin Rouge, ce ne sont là que quelques-unes des destinations que proposent les musées de Midi-Pyrénées où le visiteur pourra croiser celtes, romains, cathares, Huguenots… Alors n’hésitez pas et poussez les portes de la culture. Osez les musées !